Galerie Pop-up – 2019
Marie-Josée Thomas
Microcosmes muséaux prend vie grâce au déploiement des 60 monotypes au carbone sur film polyester que Marie-Josée Thomas a créés en scrutant et en s’imprégnant de la texture de certains murs de béton du Musée des beaux-arts de Montréal




La pratique de MJ Thomas s’élabore dans une vision de sérialité qui s’impose à elle comme un moteur de son processus créatif. Sa technique méticuleuse passe par l’observation et le geste. L’artiste s’implique dans la réalisation de son travail en touchant, grattant et frottant la matière, afin de l’imprimer et d’en garder la trace à travers ses œuvres. Ainsi, elle parvient à porter à la vue la richesse insoupçonnée d’un fragment matériel que l’on côtoie généralement sans prendre le temps de réellement le rencontrer et le contempler.
À l’image d’un jeu d’échelles, les empreintes créées par MJ Thomas portent en elles une réflexion liée à l’immensément grand et à l’immensément petit qui échappent à nos sens. Elles remettent en question la perception partielle que nous avons de notre environnement et amènent à repenser la place que tient chaque élément dans l’univers.
Délicates et fragiles, les œuvres de MJ Thomas traitent de la notion du territoire et de la perception changeante et incomplète que nous en avons. Telle une archéologue, l’artiste ancre le sujet de sa recherche artistique dans la relation homme-habitat dont il se fait le médiateur. Marques de son passage, les empreintes créées dévoilent des microcosmes uniques qui magnifient les détails palpables de la matérialité qui nous entoure.
L’artiste s’intéresse aussi à la notion de la mémoire dans son travail et dialogue avec le lieu qu’elle rencontre en interprétant la matière en tant que témoin du passé. Comme si, en faisant l’impression du lieu où elle se trouve, elle le plaçait dans une archive personnelle et collective. Peut-être ainsi, échapperait-il à l’oubli.
Microcosmes muséaux aborde donc les enjeux liés à l’espace et au territoire dans lequel nous vivons, en proposant une manière d’y laisser une trace et d’en garder un souvenir. Tant de sujets qui portent à la réflexion d’une façon universelle, mais qui résonnent en chacun de manière unique.
Mylène Lachance-Paquin, commissaire