La seule chose qu’il te faut de plus 

Somme Climat Montréal
Grand Quai – 2023

Karine Giboulo
Jeanne Castonguay-Carrière
Rebecca Cuddy

L’exposition La seule chose qu’il te faut de plus invite à emboiter le pas vers la transition écologique suivant l’axe de la décroissance et la revalorisation du vivant.

L’exposition aborde les notions des dommages humains et écologiques engendrés par la surconsommation, du lègue environnemental, ainsi que du caractère précieux de la nature et des héritages culturels. 

Dans la première portion de l’espace, on découvre le travail de Karine Gibouleau qui traite de l’accumulation de biens dans les sociétés occidentales et des répercussions sur l’écosystème planétaire. À travers son œuvre Village démocratie, l’artiste met en lumière les iniquités qui touchent l’espèce humaine. Alors que la surabondance de biens de consommation contribue à l’accélération sans précédent de la déforestation et de l’érosion de la biodiversité, l’œuvre de Gibouleau rappelle que tou·te·s ne sont pas imputables et impacté·e·s s dans la même mesure face à l’accélération des changements climatiques. En effet, le 1 % de l’humanité qui est en position de prendre les décisions quant à l’exploitation des énergies et des ressources de la planète est le plus confortablement installé dans des zones du globe les moins touchées par les effets des changements climatiques. 

Ensuite, en s’imprégnant de l’univers de Jeanne Castonguay-Carrière, on bascule poétiquement vers l’idée de mettre de côté le faire et l’avoir, pour prendre un temps d’arrêt en se reconnectant avec la notion d’être. Et si la seule chose qu’il nous fallait de plus, c’était moins. Et si l’on diminuait notre empreinte environnementale en nous réappropriant le pouvoir sur notre rythme de vie, notre bienêtre et nos économies. Et si l’on contemplait l’œuvre de la nature. Tout simplement.  

Par le bercement de la voix de la Rebecca Cunny, l’exposition invite à un moment en suspend pour nous imprégner de l’hommage que l’artiste et citoyenne de la Métis Nation of Ontario a écrit en honneur à la nature précieuse. Ce texte est également un hommage aux cultures autochtones qui ont toujours su saisir la notion du respect dans son rapport au vivant. Ainsi, les pratiques enchâssées de cette triade d’artistes consistent en une ode à la nature, à son rythme et à son sublime. La seule chose qu’il te faut de plus suggère de renouer avec un mode de vie plus respectueux et intentionnel, le temps d’un instant contemplatif. 

Mylène Lachance-Paquin, commissaire